Les reliques de cet appareil existent toujours chez Kodak Rochester quelque part dans une des nombreuses caves de stockage.

Nos deux compères décident donc de lancer la recherche qui aboutit après quelques jours à la découverte de l'objet mais dans un sale état et quelques pièces manquantes. Jacques en profite pour photographier la ruine sous toutes ses faces et entreprend de collecter le maximum d'informations avec l'aide du concepteur qui n'a rien oublié de son bébé.

 

De retour à Marseille, Jacques Colletti, qui s'est spécialisé dans la conception 3D avec autant de talent que dans son métier de photographe, va reconstituer l'appareil original sous contrôle de l'ingénieur américain, d'où l'image d'une des vues 3D ici présente.

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Comment ça marchait ? Pour les besoins de grand format en porte film et d'optiques, c'est une chambre ancienne en bois à soufflet qui assure la prise de vue. Jusque là, rien de nouveau. Après les tests, une chambre plus moderne serait adaptée.

Grâce à un système de miroirs et de prismes, l'image du dépoli est renvoyée sur un écran cathodique (la télé couleur date de 1938). Des potentiomètres et voltmètres permettent de contrôler l'intensité de 3 canaux RVB, Rouge-Vert-Bleu, ainsi que la luminosité-contraste à l'aide d'une charte de couleurs utilisée en imprimerie. Le traitement de l'image et de la couleur est déjà d'actualité.

 

Les informations analogiques sont ensuite transmises à la partie traitement située dans le bloc inférieur dans lequel elles sont  traduites sous forme binaire. C'est la partie comparable à nos ordinateurs actuels mais les secrets de fonctionnement restent à ce jour introuvables, les "informaticiens" de l'époque sont tous disparus ainsi que le contenu intérieur de la mystérieuse boîte.

Ce bloc en acier dispose d'un système de fermeture étanche et inviolable, d'où la porte de coffre fort, car le matériel interne fonctionnait sous vide et dégageait énormément de chaleur, bien plus que nos processeurs actuels, ce qui explique la présence d'un système de refroidissement par azote liquide et d'un extincteur. A ces contraintes s'ajoute le secret défense dans un cadre militaire.

 

La suite du processus se trouve dans un matériel qui n'a pas été retrouvé. Les informations binaires n'étaient pas mémorisées sur des supports magnétiques, inexistants à l'époque, mais sur des bandes perforées en papier, méthode utilisée sur les métiers à tisser Jacquard (1801) et encore présente dans les années 1970 sur les premiers systèmes de photocomposition.

 

Autre pièce manquante du puzzle, une imprimante ou plutôt un outil de sortie sur papier photo qui aurait permis de restituer l'image. Mais le projet est resté sans suite car tous les budgets de recherche et développement de l'époque ont été réservés à l'évolution de l'argentique et surtout du Kodachrome, procédés bien plus rémunérateurs que tout autre aventure. On ne gagne rien à arriver trop tôt. 

 

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L'extraordinaire ne s'arrête pas là concernant Jacques Colletti qui possède la marque Photoshop depuis 1966 bien avant la naissance d'Adobe ! 

Voyez-vous même par ici et par là pour contacter Jacques directement : colletti@photoshop.fr